Le marché des paris hippiques en 2025 : PBJ, enjeux et tendances

326 M€ de PBJ en ligne, un PMU en recul : le marché hippique à la croisée
Chaque année, quand le bilan de l’ANJ tombe, je le lis comme un bulletin de santé. En 2025, le diagnostic est contrasté : les paris hippiques en ligne ont généré un PBJ de 326 millions d’euros, en hausse de 2,4 %, avec des enjeux en progression de 7,3 % à 1,68 milliard d’euros. Le segment en ligne progresse, mais le réseau physique du PMU s’érode. Ces deux dynamiques opposées racontent l’histoire d’un marché en mutation structurelle.
Comprendre ces chiffres, ce n’est pas de la curiosité académique. C’est un avantage concret pour le parieur. La taille des pools, la répartition des mises, l’évolution du nombre de joueurs — tout cela influence directement la qualité des rapports que vous touchez et les conditions dans lesquelles vous pariez.
PBJ global et part du hippique dans le marché des jeux
Le PBJ total du marché français des jeux d’argent a atteint 14,1 milliards d’euros en 2025, en hausse de 3 % par rapport à 2024. Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de l’ANJ, a déclaré que 2026 se présente comme une année décisive pour l’ensemble du marché. Dans ce contexte, le PBJ du marché en ligne atteint 2 617 millions d’euros, en hausse de 8,5 %, représentant désormais 18,5 % du PBJ total contre 12,8 % en 2019.
Les paris hippiques représentent une fraction modeste mais significative de ce marché global. Avec 326 millions d’euros de PBJ en ligne, l’hippique pèse environ 12,5 % du PBJ en ligne total — loin derrière les paris sportifs, mais toujours devant le poker. La tendance de long terme est au tassement : la part du hippique dans le marché des jeux se réduit d’année en année, grignotée par la croissance plus rapide des paris sportifs.
Pour le turfiste, ce recul relatif n’est pas neutre. Un marché qui pèse moins lourd dans les priorités des opérateurs risque de recevoir moins d’investissements en termes de technologie, de marketing et d’offre de courses. C’est déjà visible chez certains opérateurs multi-segments qui consacrent l’essentiel de leurs ressources au sport.
Le segment en ligne : enjeux en hausse, panier moyen en baisse
Le paradoxe du marché hippique en ligne en 2025 se résume en deux chiffres : les enjeux augmentent de 7,3 %, mais le panier moyen du pari hippique en ligne baisse de 5,2 %. Plus de joueurs misent, mais chacun mise moins. Les joueurs actifs sur les trois segments en ligne — paris sportifs, poker et hippique — progressent de 25 % pour atteindre 198 000. Cette croissance des joueurs multi-segments montre que les frontières entre les formes de jeu en ligne s’estompent.
La baisse du panier moyen reflète l’arrivée de joueurs plus occasionnels, attirés par les bonus de bienvenue et la facilité d’accès au pari en ligne. Ces joueurs ne sont pas les turfistes passionnés qui analysent le programme chaque matin — ce sont des joueurs de loisir qui placent un quinté le samedi ou un simple sur un coup de cœur. Leur contribution individuelle est faible, mais leur nombre compense.
Pour le parieur méthodique, cette évolution a un effet secondaire intéressant. Plus le pool est alimenté par des joueurs occasionnels qui parient « au feeling », plus les rapports sur les combinaisons non évidentes sont potentiellement intéressants. La masse d’argent « naïf » dans le pool gonfle les rapports des outsiders identifiés par une analyse rigoureuse.
Le réseau physique PMU : un bassin de joueurs en contraction
Les mises du PMU sous droits exclusifs reculent de 3,3 % à 6,4 milliards d’euros en 2025, après une baisse de 2,6 % en 2024. Le bassin de joueurs du PMU se contracte de 5,7 % à 3,3 millions. Ces chiffres ne mentent pas : le réseau physique perd des joueurs chaque année, et la tendance ne montre aucun signe de retournement à court terme.
Les causes sont multiples. Le vieillissement des joueurs physiques — le turfiste de bar-tabac a en moyenne plus de 55 ans — entraîne une attrition naturelle que le recrutement de nouveaux joueurs ne compense pas. La fermeture progressive de points de vente en zone rurale réduit l’accessibilité. Et la concurrence du pari en ligne offre une alternative plus pratique aux joueurs qui souhaitent continuer à parier sans se déplacer.
La part de marché du PMU sous droits exclusifs passe de 13,2 % en 2023 à 11,7 % en 2025 — une érosion qui reflète à la fois le recul du physique et la croissance plus rapide des segments concurrentiels en ligne. Le PMU reste de loin le premier opérateur hippique en France, mais sa position dominante se fragilise structurellement.
Trois tendances structurelles à surveiller
La première tendance est la convergence des joueurs entre segments. Les parieurs qui jouent à la fois aux courses, aux paris sportifs et au poker sont de plus en plus nombreux. Cette convergence pousse les opérateurs à proposer des offres intégrées, mais elle dilue aussi l’attention portée au hippique.
La deuxième tendance est la numérisation progressive du réseau physique. Les bornes connectées, les applications de scan de ticket et le compte PMU mobile rapprochent l’expérience physique de l’expérience en ligne. A terme, la distinction entre les deux canaux pourrait s’estomper.
La troisième tendance, la plus profonde, est le repositionnement des courses hippiques comme spectacle vivant. Les investissements dans la fréquentation des hippodromes, la communication événementielle et le contenu vidéo visent à élargir le public au-delà des seuls parieurs. Si cette stratégie fonctionne, elle pourrait relancer le cycle vertueux : plus de spectateurs, plus de médiatisation, plus de parieurs, plus de financement pour l’économie de la filière hippique.
Questions fréquentes sur le marché des paris hippiques
Les paris hippiques sont-ils en declin en France ?
Le marché est contraste. Les paris hippiques en ligne progressent de 2,4 % en PBJ et de 7,3 % en enjeux en 2025. En revanche, le réseau physique du PMU recule de 3,3 % en mises et perd 5,7 % de ses joueurs. Le declin est celui du canal physique, pas du hippique en ligne.
Quelle part du PBJ total Français representent les paris hippiques ?
Les paris hippiques en ligne representent environ 12,5 % du PBJ en ligne total, avec 326 millions d"euros sur 2 617 millions en 2025. En incluant le réseau physique du PMU, le hippique reste un segment significatif du marché global des jeux d"argent en France.
Combien de joueurs actifs parient sur les courses hippiques en ligne ?
Le chiffre exact pour le seul segment hippique n"est pas publie separement. Le nombre de comptes joueurs actifs en ligne — paris sportifs, hippiques et poker confondus — atteint 5 698 000 en 2024, en hausse de 11,8 %. Les joueurs multi-segments, actifs sur les trois, sont 198 000 en 2025.
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Préparé par les éditeurs de « Paris Hippiques ».